Le patrimoine bâti
Maison du XVIIIe siècle rue du Château

Maison du XVIIIe siècle rue du Château


Maison du XVIIIe

au n°14 a de la rue du château

Demeure des Industriels Gilardoni, annexe ajoutée au XIXème siècle

Maison Gilardoni

La rue du Château comporte essentiellement des immeubles du XVIIIème siècle. Le plus bel exemple en est cet immeuble. Oui, vous avez raison de vous extasier devant son portail car le fronton qui le surmonte a été sculpté avec soin. Ces grappes et draperies seraient-elles un rappel au Dieu Bacchus ? La question reste en suspend, mais pour ne pas rester sur votre faim, dirigez-vous vers la gauche du bâtiment : il se prolonge par une annexe qui tranche totalement avec le style premier du bâtiment. Cette annexe du XIXème siècle rappelle l’activité céramique de la ville d’Altkirch. Pourquoi ? Parce qu’elle a été construite en briques et qu’elle offre à la vue des décors moulurés figurant des frises d’inspirations médiéviste, mais aussi des balustrades tournées ou encore des corniches. Cette annexe avait pour fonction de présenter le savoir-faire des céramistes Gilardoni installés dans le bâtiment principal. Elle jouait le rôle de bâtiment témoin.

Complément : passé industriel d’Altkirch : les tuileries Gilardoni

Les tuileries GILARDONI FRERES ont été fondées par Thiébaut – Joseph  et François – Xavier Gilardoni en 1834, à Altkirch. Une première usine pour la fabrication des produits céramiques fut construite à Altkirch en 1835. Les travaux des deux frères Gilardoni aboutirent en 1840 à l’invention d’une première tuile à emboîtement brevetée le 25 mars 1841. (cf procédé ci-dessous)

Les frères Gilardoni créent des usines à Altkirch et à Dannemarie (Haut-Rhin), avec des cités ouvrières et un port d’embarquement sur le canal du Rhône au Rhin à Retzwiller pour l’expédition du produit vers la région parisienne notamment, canal qui assure également la livraison du charbon nécessaire à la fabrication. Après la guerre de 1870, ce département fut annexé par l’Allemagne. C’est alors qu’un groupe d’associés de la Société Gilardoni fonda une troisième usine au Bois-du-Roi, en 1873.  

Aux décès des deux frères, leurs successeurs reprennent les sociétés et, après le retour de l’Alsace à la France, fondent la Société des Tuileries Gilardoni Frères le 20 mai 1919  avec les usines reconstruites de  Pargny-sur-Saulx  (1925)) et l’autre à Retzwiller (Haut-Rhin) en 1926 qui reprendra la fabrication de l’usine de Wolfersdorf (Haut-Rhin) en 1934.

A Retzwiller, les ennuis commencent au moment où la firme décide de changer le processus de fabrication et de moderniser l’usine avec de nouveaux fours,de nouveaux séchoirs et de nouveaux mode d’extraction, qui nécessitent de considérables investissements entre 1959 et 1968. Le nouveau procédé de fabrication est inefficace et la qualité du produit est mauvaise (les tuiles ne résistent pas au gel) ; ajouté à cela, le choc pétrolier de 1973, malgré le rachat par la Société Sturm, entraîne la cessation de la production le 31 octobre 1974.

Une tuile révolutionnaire

En effet, les tuiles, en s’emboîtant les unes dans les autres, garantissent une étanchéité maximale. Un joint de deux à trois centimètres suffit pour

Tuiles Gilardoni

assurer l’étanchéité des tuiles à emboîtement. Le losange, au centre, permet d’éviter l’affaissement de la tuile pendant le séchage et sert de soutien au pied du couvreur qui marche sur la toiture. Avant l’invention de cette tuile, on utilisait des tuiles plates qui comportaient un crochet à l’arrière pour les fixer sur les liteaux et éviter qu’elles ne glissent. Elles étaient placées côte à côte, se recouvrant les unes les autres. Seulement, pour avoir une toiture parfaitement étanche, il fallait que les deux tiers de la tuile soient recouverts. Ces tuiles avaient donc l’inconvénient  d’être lourdes et coûteuses puisque trois épaisseurs de tuiles étaient superposées.

L’invention des frères Gilardoni a non seulement transformé les toitures, mais toute l’industrie de la terre cuite, car les recherches auxquelles ils ont été obligés, pour obtenir une pâte convenable au moulage mécanique des grandes tuiles à emboîtement, les ont amenés à imaginer le principe de toutes les machines utilisées encore aujourd’hui dans l’industrie céramique. Dès les premières années qui suivirent leur brevet, ils cédèrent des licences à des industriels de Marseille, d’Epinal, de Montchanin et d’Ivry, permettant ainsi la création de puissantes tuileries qui ont diffusé le nouveau produit.

Sans parler de l’étanchéité plus complète donnée aux toitures par les tuiles à emboîtement et d’une plus grande facilité de pose, le poids et le prix ne sont pas comparables.

Date de publication: 13/08/2012 15:50
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