Le patrimoine bâti
La Halle au Blé

La Halle au Blé


La Halle au Blé, édifiée en 1843, aménagée en salle de spectacles en 1904, travaux de rénovation en 2013.

La découverte de la ville commence ici, devant l’ancienne halle au blé d’Altkirch.

Halle au Blé Altkirch

Les travaux de construction de la  "Halle aux blés"  débutèrent en 1841. Cette nouvelle Halle devait remplacer les précédentes, toutes situées depuis 1397 à l'intérieur de l'enceinte fortifiée, (ancien Tribunal- 1397, actuelle Sous-Préfecture - 1753).

Au XIXe siècle, d'interminables files de voitures transportaient vers la halle 1600 hl de blé rien que pour la foire de sainte Catherine.

Frise halle au blé Ehreth 5

Cet édifice fut construit en 1841 sur décision de Jean Adam Pflieger, maître des postes et maire de la ville. Il fut érigé sur ce qui était alors la place du Marché aux Bestiaux, d’après des plans de l’architecte Wagner. Son architecture est caractéristique du style néo-classique. En 1904, la salle du premier étage fut transformée en salle de spectacles. Aujourd’hui, de nombreux travaux d’aménagement permettent à la halle au blé de répondre à ses nouvelles fonctions de salle de spectacles.

Dessin halle au blé

La place de la Halle au Blé  accueille  chaque année au mois de novembre, depuis 1505, la Foire Ste Catherine. De foire agricole et de marché aux bestiaux, elle réunit encore aujourd’hui plus de 700 exposants

Foire Ste Catherine

Foire Ste Catherine aujourd'hui

Au fil du temps, la halle au blé s’est transformée et son histoire a connu diverses étapes. Ainsi, elle est à l’image d’Altkirch qui a, elle aussi, évoluée avec les siècles et les événements. Mais, ne restez pas là : vous n’êtes que sur le seuil de l’Histoire. Rendez-vous devant la tour de garde, dite tour Bloch.

Au fait, une dernière chose, la place du Marché aux Bestiaux a été renommée place Xavier Jourdain, grand industriel textile et maire d’Altkirch.

2 tours sont visibles de la place de la Halle au Blé : la tour de garde à votre droite  et la tour – aujourd’hui galerie de la tour - sur votre gauche.

Mais avant d’entrer dans la vieille ville vous pouvez, si vous le désirez,  monter l’avenue Maréchal Foch sur 300 m - et découvrir  le site du monument aux morts et une vue panoramique où passaient les lignes avancées du front de la guerre 14/18.

Complément :  passé industriel d’Altkirch L'USINE TEXTILE JOURDAIN

Le fondateur : Alexandre-Xavier Jourdain (1798-1866)

La famille Jourdain a connu une ascension sociale spectaculaire entre Alexandre-Xavier, l'industriel, et son petit-fils, Paul-Léon, l'homme politique, maire qui finit vice-président du Sénat en 1940. Ce sont bien les deux personnages clés du "clan" qu'il faut présenter avant de montrer le rôle de "moteur" qu'a joué l'industrie dans ce processus cumulatif d'ascension sociale.

Fils de François-Xavier Jourdain, originaire de Châlons su Marne, Alexandre-Xavier est né le 6 novembre 1798 à Rouffach, où son père, officier du génie, était en garnison. Après avoir fait des études d'ingénieur à l'Ecole des Arts et Métiers de Châlons de 1812 à 1819 et avoir défendu la ville lors de la campagne de France, il travaille aux Ponts et Chaussées de Strasbourg puis aux ateliers de construction Risler et Dixon à Cernay.

A partir de 1827, il s'établit à son propre compte à Altkirch et monte un atelier de construction de métiers à tisser puis un atelier de tissage mécanique.

L'atelier de tissage passe de 20 métiers en 1828 à 650 en 1848. Cet essor est dû à l'introduction de perfectionnements techniques : invention du métier mécanique (1829), du "fouet de chasse" pour la lancée automatique de la navette (1836) et du "casse trame" qui arrête instantanément le métier quand cette dernière casse (1841).

Xavier Jourdain profite de cet enrichissement pour acquérir environ 350 ha de terres à Altkirch (dont 175 autour de sa ferme du Schweighof car il s'occupe beaucoup d'agriculture) et le domaine du château d'Isenbourg à Rouffach dans lequel il réside après avoir abandonné la maison qu'il habitait à Altkirch (avec une tour donnant sur l'actuelle place Xavier-Jourdain).

Fondateur de la société industrielle de Mulhouse, conseiller général du canton d'Altkirch (1864-66), il a aussi été un grand philanthrope : il a fait construire un hôpital dans sa ville natale et a doté l'école de Châlons, où il avait été étudiant, d'une rente de 5 000 F (donation à l’École des Arts et Métiers). Il a crée une caisse de secours pour les ouvriers malades.

Les produits sortis des usines d'Altkirch lui ont valu de nombreuses médailles aux expositions, et la Légion d'Honneur.

Paul-Léon Jourdain

Industriel – Député (1919), Sénateur (1927), Ministre du Travail 1919 – 1921 – et 1924, Ministre des Pensions 1925 – 1926, né à Altkirch le 21 octobre 1878, mort à Paris le 26 mars 1948.

Petit-fils du précédent, il quitte l'Alsace allemande pour faire ses études et son service militaire en France (il devient officier). Sorti premier de l’École Supérieure de Commerce de Lyon en 1902, il travaille d'abord dans l'industrie de la soie de Lyon (il se lie à Edouard Herriot) puis dirige les établissements de filature et tissage d'Altkirch à la mort de son frère Maurice en 1910.

Quand éclate la guerre 1914-1918, il essaie de gagner la France. Arrêté par les Allemands, il est libéré lors de la première offensive des troupes françaises. Retiré en Suisse, il est nommé adjoint à l'ambassade de France à Berne, l'attaché ayant besoin d'un adjoint connaissant l'Alsace. Il est chargé de nombreuses missions de contre-espionnage qui lui valent d'être fait chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire. Il se lie avec André Loiseau, attaché à l'Etat-major.

Pendant la guerre, sa femme Marie-Madeleine développa une intense activité en faveur des Français prisonniers dans des camps allemands et contribua au transfert des blessés vers la France.

Le 14 novembre 1918, Paul-Léon est nommé administrateur militaire de la région d'Altkirch et est élu, en 1920, maire de sa ville natale, qu'il administrera jusqu'en 1940. Elu député du Haut-Rhin en 1919, il siège à la chambre "bleu horizon".

Clémenceau, président du Conseil, veut avoir dans son ministère un représentant de l'Alsace libérée et fait appel à Jourdain comme ministre du travail. Il conserve ses fonctions dans les cabinets Millerand et Leygues. Comme ministre, il met au point un projet de loi sur les assurances sociales, voté par le Parlement en avril 1924.

Comme maire d'Altkirch, il fait beaucoup pour sa ville (hôpital, écoles, adduction d'eau…). Pour contrecarrer la montée d'un courant autonomiste, exacerbé par la politique anticléricale du Cartel des gauches et la crise économique et sociale, il fonde un journal, La France de l'Est.

Ministre des pensions dans les cabinets Briand (1925-26), il présente un projet relatif aux pensions d'invalidité.

Élu sénateur en 1927 et 1935, il se consacre essentiellement aux affaires étrangères et aux travaux publics. Au Sénat, où il préside le groupe de la Gauche Démocratique et Radicale, il manifeste, dans les années 30, son pessimisme quant à la situation extérieure.

Vice-président du Sénat en 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, pour lequel il ressent de l'aversion cependant. Lors de l'épuration, son cas sera passé sous silence. Il reste à Vichy jusqu'à l'invasion allemande de la zone sud puis il se retire à Paris, solitaire et malade.

Il y a donc bien eu entre Alexandre-Xavier et Paul-Léon Jourdain un processus cumulatif d'ascension sociale. L'industrie en a été le moteur : elle a propulsé les Jourdain dans les hautes sphères du pouvoir économique et politique. Ce n'est pas un cas isolé : on connaît l'exemple des Schneider au Creusot…

Date de publication: 09/08/2012 15:31
comments powered by Disqus